Collaboration secrète entre HEPIA Genève et Philip Morris révélée par la RTS : un coup de projecteur sur les liens entre universités romandes et l’industrie du tabac

Une collaboration confidentielle entre HEPIA Genève et Philip Morris en 2021

Selon la RTS, l’HEPIA, la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, a brièvement collaboré avec le géant du tabac Philip Morris en 2021. La justice genevoise a ordonné la divulgation du contrat de confidentialité entre les deux partenaires, à la demande de l’association OxySuisse, qui lutte contre l’influence de l’industrie du tabac en Suisse.

Les discussions portaient, d’après la RTS, sur des tests d’efficacité dans la recherche agronomique, mais peu de détails ont été communiqués. Philip Morris affirme que la collaboration ne s’est limitée qu’à une pré-évaluation. La direction de l’HEPIA n’a pas souhaité commenter, invoquant un contrat de confidentialité.

Réactions et enjeux éthiques

OxySuisse a obtenu le contrat grâce à une décision judiciaire, soulignant que la transparence est un principe fondamental de la science. Pascal Diethelm, son président, dénonce la culture du secret dans ces partenariats et remet en question leur conformité avec l’intégrité scientifique. Il insiste sur le fait qu’il est difficile, voire impossible, de respecter ces principes dans de telles collaborations, notamment à cause de la dangerosité des produits du secteur tabac.

Philip Morris, quant à lui, défend ses efforts en déclarant que ses programmes de recherche visent à développer des produits moins nocifs pour les fumeurs adultes et invite à un débat basé sur des données scientifiques, plutôt que sur des accusations infondées. Le porte-parole Julian Pidoux a affirmé que leur démarche s’inscrivait dans des initiatives de réduction des risques.

Réactions et perspectives dans le monde académique romand

Face à cette affaire, le comité directeur de la HES-SO a annoncé le lancement d’une analyse juridique et éthique pour clarifier le cadre légal des collaborations avec l’industrie du tabac. Par ailleurs, d’autres hautes écoles romandes ont indiqué ne plus entretenir de liens avec l’industrie du tabac ou de la nicotine. Le porte-parole de l’Université de Neuchâtel a affirmé qu’aucun accord avec Philip Morris n’était en vigueur depuis 2024, confirmant une rupture avec cette industrie.

Ces révélations soulignent un changement dans la position des institutions éducatives en Suisse romande, qui semblent désormais vouloir respecter un cadre d’intégrité scientifique strict face à l’influence de l’industrie du tabac.

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