Une popularité en plein essor dans le paysage sportif romand
Le sumo amateur connaît une dynamique inattendue en Suisse romande, où de plus en plus d’adeptes s’enthousiasment pour cette discipline ancestrale japonaise. Selon un reportage de 20 Minutes, notamment dans un article de David Ramseyer, cet engouement s’est accentué suite au Swiss Open organisé à Genève en novembre dernier. Ce tournoi a attiré un public nombreux et a permis de renforcer la cohésion entre les pratiquants, certains d’entre eux se préparant déjà pour l’Open de Budapest prévue dans un mois.
Une scène locale en pleine expansion
Le président de la fédération suisse de sumo, Richard Neal, originaire de Renens, explique que cet intérêt croissant est en partie dû à la stratégie de la fédération japonaise pour exporter le sport. Il mentionne également que la simplicité des règles rend la pratique accessible à tous, indépendamment des gabarits, ce qui contribue à attirer un public varié. Mickaël Heiniger, coach genevois, déclare que plusieurs de ses élèves, comme Erik Thorell, 17 ans, trouvent dans le sumo une façon de se distinguer et d’apprécier une discipline qui véhicule des valeurs accessibles et traditionnelles.
Les clubs romands et la diversité des pratiquants
En Suisse romande, une cinquantaine de personnes pratiquent régulièrement le sumo, réparties dans plusieurs clubs, notamment à Carouge, Lausanne, Renens, Fribourg et Kriens. Un nouveau club devrait ouvrir ses portes prochainement à Berne. La pratique suscite une curiosité bienveillante, malgré l’inquiétude initiale de certaines mères, comme celles d’Erik Thorell, qui redoutaient que leurs enfants prennent du poids. Cependant, la discipline attire par son ouverture à tous les corps et par le lien qu’elle tisse avec la tradition japonaise, comme le souligne Mickaël Heiniger.
Relations avec le Japon et passerelles techniques
Ce sport crée également un pont entre la Suisse romande et le Japon, où le sumo reste une discipline très vénérée. Certains entraîneurs japonais auraient même salué les techniques du sumo amateur, notamment celles issues de la lutte suisse, qui présentent des similitudes comme les crochetages de jambes. Toutefois, selon Stéphane Fornerod, président de Fribourg Sumo, cette filiation peut limiter l’expansion en Suisse, car peu de pratiquants souhaitent poursuivre dans le sumo après avoir expérimenté d’autres sports de combat comme le MMA.
Une discipline millénaire toujours vivante
Le sumo, dont la première mention date de l’an 712 dans le Kojiki, reste profondément attaché à ses traditions en étant réservé aux hommes dans sa pratique professionnelle, principalement au Japon. Cependant, depuis le XXe siècle, il se professionnalise tout en conservant ses règles strictes. La popularité grandissante en Suisse romande témoigne de l’intérêt porté par une nouvelle génération aux sports issus des traditions japonaises, tout en conservant ses liens avec la mémoire ancienne et la culture du pays du Soleil levant.

