Sur les rives du lac Majeur, le Festival du Film de Locarno attire chaque année un auditoire où se mêlent politique, cinéma et économie. Cette édition s’inscrit dans une tradition de dix jours de projections, de discussions et de moments sur le tapis rouge, et rappelle que Locarno demeure le rendez-vous phare pour la Suisse romande et son cinéma. L’édition 2025 s’ouvre le 6 août et réunit, comme l’an dernier, des dizaines de milliers de spectateurs autour des écrans géants et des débats. Selon l’article de François Barras pour 24heures.ch, plus de 150 000 personnes avaient assisté aux projections l’an passé.
Locarno, un rendez-vous romand et fédérateur
Le festival est devenu, selon les observateurs, un espace où les ambitions romandes rencontrent les rythmes fédéraux. Dans les allées du centre-ville et sur la Piazza Grande, les échanges entre représentants politiques et professionnels de l’audiovisuel se multiplient. Le regard porté sur le cinéma local est aussi l’occasion d’observer le fonctionnement du fédéralisme: les cantons et les villes coopèrent, et le festival illustre comment la culture peut devenir un levier économique et politique.
La Genève Film Commission et le développement d’un pôle cantonal
Pour dynamiser l’écosystème cinématographique romand, Genève a lancé la Geneva Film Commission. L’objectif: attirer et accompagner les tournages suisses et étrangers sur le territoire cantonal et faire de Genève un pôle de compétences attractif pour l’industrie. Le dispositif prévoit un « cash rebate » remboursant jusqu’à 30% des dépenses éligibles engagées sur le territoire cantonal, avec un plafond global de 500 000 francs. Le tout s’inscrit dans une logique de retombées économiques mesurables: un franc investi peut se traduire par plusieurs francs de retombées pour l’économie locale.
La démarche est pensée comme un levier d’attraction, indépendante des subventions culturelles. Les porteurs du projet visent à réunir environ 2 millions de francs, dont environ 1 million venant du secteur public et autant du privé, afin d’attirer des tournages nationaux et internationaux et de créer des emplois locaux.
Le paysage cantonal et les enjeux régionaux
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large: le Valais a déjà mis en place des structures similaires (Valais Film Commission) et la Suisse observe une intensification des échanges entre Romande et Alémanique dans le domaine de l’audiovisuel. L’OFC a publié les résultats de l’ancienne législation Netflix adoptée en 2022, rappelant les retombées en matière de production et d’emploi dans le secteur.
Des projets romands à Locarno et dans les rues
Sur scène romande et internationale, les projets font leur chemin. Le concours international voit notamment le long métrage Le lac, du Vaudois Fabrice Aragno, sous les projecteurs, tandis que la série The Deal, réalisée par Jean-Stéphane Bron, a été présentée en avant-première autour de dîners et d’échanges qui mêlent plaisirs et questions sur l’avenir du cinéma. D’autres personnalités et projets symbolisent la longue histoire des échanges entre Genève et Locarno, et la manière dont le cinéma devient un espace d’influence et de découverte dans le cadre du fédéralisme suisse.
Politique et pratique: le pouvoir du cinéma romand
Le dialogue politique s’y conjugue avec la pratique professionnelle: lors de réunions comme celles du GARP (Groupe Auteurs Réalisateurs Producteurs), on privilégie les échanges directs et les confidences utiles pour comprendre comment orienter les politiques publiques autour du financement et des incitations. La présence des autorités genevoises, comme Delphine Bachmann (Conseillère d’État chargée de l’Économie et de l’Emploi) et Thierry Apothéloz (présidence du Conseil d’État) aux côtés de Joëlle Bertossa (Culture, Ville de Genève) illustre cette volonté d’inscrire le cinéma romand dans une dynamique économique et démocratique.
Conclusion: un « win-win » entre culture et économie
Le festival est plus qu’un spectacle: c’est un laboratoire vivant du lien entre culture et économie. Locarno et les initiatives genevoises démontrent que l’industrie cinématographique suisse romande peut bénéficier d’un cadre fédéral favorable et d’incitations locales ambitieuses, afin de faire émerger des projets qui rayonnent au-delà des frontières cantonales, et de servir les emplois et les talents locaux. Comme le rappelle François Barras, Locarno demeure un miroir du lien entre culture et économie, où le cinéma suisse romand sert de levier pour l’ensemble du territoire.
Sources: article de François Barras, 24heures.ch; récit du festival du Locarno et des initiatives genevoises documentés dans l’article original.
